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Mustang, le royaume interdit
Royaume protégé des contreforts de l’Himalaya, le Mustang est un îlot entre le Népal et le Tibet. Egalement appelé Royaume de Lo, il tire son nom du Tibétain Mun Tang qui signifie « plaine fertile ». Une traduction révélatrice d’une situation géographique inédite au cœur de l’Himalaya, qui a permis à la culture Lo-ba de perdurer en préservant ses traditions. Ce minuscule royaume situé au Nord des massifs Annapurna et du Dhaulagiri, aurait d’ailleurs inspiré Rudyard Kipling pour imaginer son « Kafiristan » de L’Homme qui voulut être roi[1]. Le Mustang est un minuscule territoire de 80 km de long sur 45 km de largeur, encadré au Nord par les plateaux tibétains et au Sud par les hauts cols népalais. Les éléments naturels ont largement protégé et continue de protéger le Mustang des influences extérieures, préservant ainsi ses traditions. Situé à plus de 2500m d’altitude et caché par la barrière himalayenne, le Mustang est relativement épargné par les moussons estivales. Entourés de grands cols tels que l’Annapurna et le Dhaulagiri, ses paysages sont arides, secs et venteux, sans oublier l’absence de végétation qui en fait un terrain propice aux tempêtes de désert. Les falaises du Mustang sont creusées d’habitations troglodytes et de nombreux vestiges archéologiques retrouvés, font du Royaume de Lo l’un des plus grands sites préhistoriques en Asie. Lo Mantang est la capitale du Mustang le Royaume interdit qui ne compte que 3 villes et 30 villages de petite taille. A partir de 1952, les premiers étrangers pénètrent au Mustang. Et c’est en 1964, lorsque l’explorateur Michel Peissel s’y intéresse, qu’il y recense pas moins de 29 cités troglodytes[2]. Les conditions climatiques y sont rudes et poussent les Mustangi à quitter les cols et pour aller s’établir dans le Sud en attendant que l’hiver passe. Sur un certain nombre de point, les habitants du Mustang sont plus proches des Tibétains que des Népalais. Commerce, famille,…les liens avec le Tibet ont toujours été très forts, notamment à cause des accès plus faciles vers les plaines tibétaines que vers les sommets népalais. Néanmoins, depuis 1951, le Mustang appartient au territoire Népalais et son roi, le Lo Rgyal-p a conservé son autorité symbolique jusqu’en 2008. Cette année là, le gouvernement népalais a pris la décision d’abolir la monarchie du Royaume de Lo en attribuant au roi déchu le simple statut de citoyen népalais. La géographie n’explique pas tout et n’est pas le seul élément qui a protégé le Mustang des influences extérieures. En effet, jusque dans les années 1970, les étrangers n’étaient pas autorisés à pénétrer sur le territoire mustangi, d’où le surnom de « Royaume interdit ». Après l’abolition de la monarchie, le gouvernement népalais a souhaité préserver ce statut en imposant, dès l’ouverture de la région, un permis de séjour relativement cher pour les étrangers. Un prix à payer pour découvrir l’un des derniers endroits au monde encore préservés des touristes. Les plus privilégiés peuvent désormais s’aventurer dans un royaume mythique pour une immersion exceptionnelle. Le Mustang se visite de préférence entre avril et octobre afin d’éviter les conditions hivernales extrêmes. Le trek reste la meilleure solution pour découvrir le Mustang, ses paysages, ses maisons troglodytes et ses habitants. Il faut compter 20 jours pour réellement apprécier le Royaume interdit , ses trésors naturels, ses villages et monastères traditionnels et la gentillesse de ses habitants. Si ce trek vous intéresse, contactez l’agence Shanti Travel, experte dans les treks en Himalaya (www.shantitravel.com) pour des voyages sur mesure, voyages à la carte ou des voyages en groupe organisé.
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[1] L’homme qui voulut être roi, Rudyard Kipling, Ed. Gallimard, Paris, 1973 [2] Mustang, Royaume Tibétain Interdit, Michel Pleissel, Ed. Arthaud, Paris, 1969 Publié à 14:10, le 7-mai-2012, Mustang Mots clefs : Le bouddhisme et les danses rituellesLe calendrier bouddhiste est ponctué par de nombreuses célébrations et festivals qui sont tous le lieu de danses rituelles. De la même façon que le yoga, les danses constituent une expression des croyances et sont extrêmement importantes pour les disciples de Bouddha. Les tantras, les textes sacrés qui se veulent dans la continuité des védas, la version plus ancienne des liturgies bouddhistes, détaillent avec une grande minutie l’ensemble des danses et leur rôle.
Selon son interprétation des tantras, chaque monastère enseigne et reproduit les danses à sa manière. Les textes mentionnent les danses rituelles pour la première fois au VIIIe siècle. D’après la légende, le grand maître indien Padmasambhava aurait été invité au Tibet afin de résoudre le blocage du monastère de Samye auquel certains démons s’opposaient. Le sage aurait alors détourné l’attention de l’opposant aux principes de Bouddha en effectuant quelques pas de danse. Troublé, le démon aurait alors été vaincu par la ruse et le monastère a pu être construit. Les tantras racontent également la légende de Pal Ki Dorje au IXe siècle, qui, habillé en danseur, aurait attiré l’attention puis tué d’une flèche le roi Langdarna, hostile à la conception bouddhiste. Les danses ainsi pensées pour combattre celui qui nuit à la doctrine de Bouddha et surmonter les obstacles intérieurs sont appelés les Chams. Les visions des grands maîtres tibétains telles qu’elles sont rapportées dans les textes, ont, elles aussi, joué un rôle majeur dans la popularisation des danses rituelles. Au XIIIe siècle, après une vision, le sage Guru Chöwang aurait été chargé de faire connaître les danses rituelles révélées dans son rêve au Tibet, afin d’empêcher les guettes, les famines et les épidémies. Sa vision lui a révélé les danses rituelles comme un moyen de faire du Tibet un lieu de paix et de joie. Du Tibet, ces rituels festifs se sont ensuite répandus au Ladakh, région située à l’extrême Nord de l’Inde, aujourd’hui rattachée à l’Etat du Jammu et Cachemire. Danse et yoga appartiennent à la même logique. D’après les tantras, la danse peut être rapprochée du yoga pour sa conception du monde, de l’esprit et du corps. Les pratiquants du yoga de déité médite pour prendre conscience de l’absence d’existence réelle et « réaliser » la vacuité. Dans leur représentation de l’exercice, il est alors indispensable pour eux de s’imaginer comme étant la divinité centrale de la scène, entourée par les gardiens postés aux quatre portes de l’espace délimité du mandala imaginé. Les mandales sont décrits comme étant des « cercles », des figures géométriques utilisées pendant la méditation. Ainsi le yoga et les danses rituelles sont similaires par leur volonté d’affiner leur vision du mandala et de mieux comprendre la nature réelle du monde. En effet, les danseurs aussi évoquent par des gestes et des mouvements codifiés, chaque partie du mandala et chaque caractéristique de la divinité. Il s’agit en quelque sorte d’une tentative de matérialisation de la déité dans un espace physique par la danse. Ainsi à la différence des danses rituelles, le yoga ne cherche pas à matérialiser les divinités et ne se concentre que sur sa capacité de représentations mentales.
Après avoir médité sur l’absence d’existence réelle et sur l’apparence du mandala, le moine danseur se consacre à une série d’offrandes. Il entre ensuite dans une phase de concentration extrême afin de faire abstraction du monde des apparences avant de commencer à danser. Dans les tantras, chaque mouvement, chaque geste, chaque tenue, chaque pas de danses est détaillé avec tant de précisions que les monastères sont capables de reproduire depuis des siècles les mêmes danses sacrées. Les photographies de festivals tibétains ou encore ladhakis témoignent de cette constance à travers les siècles. Les tenues jouent par exemple un rôle crucial et chaque élément du costume est précieusement référencé dans les textes traditionnels. Une liste complète des éléments des tenues explique ainsi les composants autorisés tels que les métaux (or, argent, cuivre, bronze et fer), certains ossements humains, de cheval ou de bœuf, différents bois (santal, noyer, abricotier, pommier) ainsi que l’argile et le papier mâché pour les masques. Les couleurs de la tenue jouent un rôle essentiel pour reconnaître la divinité représentée. Ainsi, la déité Camsing sera interprétée par une robe rouge tandis qu’une robe jaune représentera Vaiçrana et qu’une robe bleue désignera Lhamo. Au Ladakh, les festivals sont très populaires et rythme le calendrier. Au gré des saisons et des évènements personnels, les cérémonies s’enchaînent et permettent aux Ladakhis de se rassembler pour célébrer les récoltes, la fleuraison, Losar le nouvel an tibétain, mais aussi des mariages, des naissances. La dimension religieuse de ces éléments est essentielle et le calendrier Ladakhi compte plus d’une vingtaine de festivals par an, c’est l’occasion idéale de découvrir les traditions de cette région isolée. Il existe deux périodes principales pour assister aux évènements majeurs : février et juin-juillet, autrement dit l’hiver et l’été pour des ambiances très différentes. Les festivals d’hiver les plus réputés sont ceux de Losar en décembre, celui de Stok, celui de Matho et les festivals de Leh et de Likir en février. Pour allier trek et festivals, préférez les températures plus douces du mois de juin avec les festivals de Lamayuru et Hémis.
Conseil de lecture : Ladakh-Zanskar, avec 22 itinéraires de trekking dans l’Himalaya indien, de C. Genoud et P. Chabloz, Ed. Olizane, coll. Guide Olizane-Aventure, Genève, 2011. Publié à 11:27, le 12-mar-2012, New Delhi Mots clefs : Ladakh, cérémonie, festival, danse, bouddhisme { Page précédente } { Page 1 sur 17 } { Page suivante } |
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