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Les Dzongs, forteresses-monastères, symboles d’un Royaume : le Bhoutan

Royaume perché dans les hauteurs de l’Himalaya, le Bhoutan est une terre bouddhiste hors du commun.  A la pression du Produit Intérieur Brut, le Bhoutan préfère mesurer son Bonheur National Brut, respectueux des valeurs bouddhistes. Conscient de leur appartenance aux instances mondiales, les Bhoutanais se préoccupent davantage de leur environnement, de leur bien-être et du respect de leurs traditions plutôt que des valeurs des marchés financiers.

L’histoire du Bhoutan est très liée à celle du bouddhisme. Tracées au VIIème siècle par le roi tibétain Songsten Gampo, ses frontières sont au cœur de l’Himalaya, dans la vallée du Haa et celle qui relie Choekhor à Bumthang. C’est le guru Rimpoche, surnommé « Précieux maître » ou Padmasambava, qui introduisit le bouddhisme au Bhoutan en fondant l’école Nyingmapa au VIIIème siècle. Développement, conflits et autres troubles politiques ont fait l’histoire du Bhoutan. Il faut attendre le XVIIème siècle pour que le royaume s’unifie sous l’impulsion d’un homme politique et religieux, Ngawang Namgyal, l’unificateur. Le Bhoutan devient alors un royaume dirigé par deux pouvoirs, l’un religieux et l’autre laïc. Un partage des pouvoirs entre un chef religieux pour le pouvoir spirituel et un chef des moines fonctionnaires pour le pouvoir temporel.

Au début du XXe siècle, moines, fonctionnaires et population Bhoutanaise ont mis fin à ce double régime en élisant leur premier roi, Ugyen Wangchuck. Celui-ci parvient à stabiliser le pays politiquement et économique, le Bhoutan s’ouvre doucement vers l’étranger. Devenue monarchie constitutive en 2005, le pays du dragon tonnerre a marié son cinquième roi, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck à Jetsun Pema en octobre 2011.

Au fil des années, le Bhoutan a su préserver son authenticité et ses valeurs aux dépends de voyageurs curieux. En effet, avec un visa journalier d’environ 250 dollars américains, le Bhoutan n’est pas une destination touristique accessible à tous. Un prix à payer que les merveilles naturelles et culturelles du Bhoutan justifient.

Faune, flore, architecture, culture, festivals bouddhistes, gastronomie et artisanats font du Bhoutan une terre riche et fascinante. Perdu au cœur de l’Himalaya, les forteresses bhoutanaises appelées dzong sont des symboles de cet équilibre trouvé entre religion et administration laïque. Au mot temple, les traducteurs préfèrent « monastères-forteresses » pour parler de ces imposantes bâtisses. Les premiers dzongs sont datés du XIIème siècle et c’est au XVIIème siècle, au moment du renforcement de la défense par le grand lama Ngawang Namgyal (l’unificateur), que leur aspect militaire a pris sens. Pourvu d’un système hydraulique autonome, les dzongs ont été conçus pour pouvoir résister aux sièges et accueillir les habitants de la région en cas d’attaque. Ce siècle fut marqué par d’importantes offensives des rivaux politiques et religieux tels que le  Dalaï Lama et le chef de la province du Tsang.  

On appelle les dzongs « forteresses-monastères » car en plus d’être des lieux militaires, les dzongs sont également des centres religieux dans lesquels de nombreux moines bouddhistes vivent et où sont célébrés les nombreux festivals qui animent le pays. Au fil des siècles, les dzongs ont joué un rôle de grenier, capable de stocker les récoltes et de nourrir les habitants. Sièges militaires, lieux de culte, aujourd’hui, les dzongs sont également des centres administratifs pour les autorités civiles des régions et abritent les trésors nationaux. Les dzongs sont véritablement au cœur de la vie des citoyens en symbolisant à la fois le passé, le présent, leurs traditions et leurs valeurs.

Chacune des 20 provinces du royaume possède son dzong à l’architecture atypique, plus ou moins bien conservés. En effet, guerres, catastrophes naturelles et autres aléas du temps ont largement endommagés certains d’entre eux. Leur agencement est marqué par la division du pouvoir entre le chef laïc et le chef religieux et chaque pouvoir possède ses espaces. Derrières les murs épais de la forteresse, les moines disposent de logements et les fonctionnaires de bureaux. Construits en forme de parallélogrammes, les dzongs  sont faits de terre séchée et de pierres, le tout soutenu par une imposante charpente en bois. Une tour centrale, appelée Utse, et de nombreuses petites cours sont caractéristiques de ces bâtisses ancestrales.

Les heureux voyageurs qui découvrent le Bhoutan s’émerveillent devant ces imposants monastères. Comme tout lieu de culte, s’il est possible de les visiter, les dzongs imposent un certain nombre de règles à respecter. Parmi les principales, il est indispensable de se déchausser pour accéder aux espaces de prières et il est nécessaire de se couvrir les épaules ainsi que les bras et les jambes. Au cours des visites, qui s’effectuent de gauche à droite, dans le sens des aiguilles d’une montre, il est interdit d’enjamber homme ou objet tout comme il est interdit de poser quelque chose à terre. Des règles simples à respecter pour découvrir et apprécier ces lieux mythiques.

Le Bhoutan peut se visiter toute l’année. Cependant octobre-novembre et mars-avril-mai sont les meilleures périodes pour découvrir ce dernier royaume. Les experts Himalaya de Shanti Travel, l’agence franco-indienne basée à Delhi, peuvent vous aider à construire votre voyage inoubliable au Bhoutan, n’hésitez pas à les contacter. www.shantitravel.com, contact@shantitravel.com


Publié à 14:38, le 8-aoû-2012, Bhutan
Mots clefs : DzongBhoutanmonasterebouddhisme

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Le bouddhisme et les danses rituelles

Le calendrier bouddhiste est ponctué par de nombreuses célébrations et festivals qui sont tous le lieu de danses rituelles. De la même façon que le yoga, les danses constituent une expression des croyances et sont extrêmement importantes pour les disciples de Bouddha. Les tantras, les textes sacrés qui se veulent dans la continuité des védas, la version plus ancienne des liturgies bouddhistes, détaillent avec une grande minutie l’ensemble des danses et leur rôle.

 

Selon son interprétation des tantras, chaque monastère enseigne et reproduit les danses à sa manière. Les textes mentionnent les danses rituelles pour la première fois au VIIIe siècle. D’après la légende, le grand maître indien Padmasambhava aurait été invité au Tibet afin de résoudre le blocage du monastère de Samye auquel certains démons s’opposaient. Le sage aurait alors détourné l’attention de l’opposant aux principes de Bouddha en effectuant quelques pas de danse. Troublé, le démon aurait alors été vaincu par la ruse et le monastère a pu être construit. Les tantras racontent également la légende de Pal Ki Dorje au IXe siècle, qui, habillé en danseur, aurait attiré l’attention puis tué d’une flèche le roi Langdarna, hostile à la conception bouddhiste. Les danses ainsi pensées pour combattre celui qui nuit à la doctrine de Bouddha et surmonter les obstacles intérieurs sont appelés les Chams. Les visions des grands maîtres tibétains telles qu’elles sont rapportées dans les textes, ont, elles aussi, joué un rôle majeur dans la popularisation des danses rituelles. Au XIIIe siècle, après une vision, le sage Guru Chöwang aurait été chargé de faire connaître les danses rituelles révélées dans son rêve au Tibet, afin d’empêcher les guettes, les famines et les épidémies. Sa vision lui a révélé les danses rituelles comme un moyen de faire du Tibet un lieu de paix et de joie. Du Tibet, ces rituels festifs se sont ensuite répandus au Ladakh, région située à l’extrême Nord de l’Inde, aujourd’hui rattachée à l’Etat du Jammu et Cachemire.

Danse et yoga appartiennent à la même logique. D’après les tantras, la danse peut être rapprochée du yoga pour sa conception du monde, de l’esprit et du corps. Les pratiquants du yoga de déité médite pour prendre conscience de l’absence d’existence réelle et « réaliser » la vacuité. Dans leur représentation de l’exercice, il est alors indispensable pour eux de s’imaginer comme étant la divinité centrale de la scène, entourée par les gardiens postés aux quatre portes de l’espace délimité du mandala imaginé. Les mandales sont décrits comme étant des « cercles », des figures géométriques utilisées pendant la méditation. Ainsi le yoga et les danses rituelles sont similaires par leur volonté d’affiner leur vision du mandala et de mieux comprendre la nature réelle du monde. En effet, les danseurs aussi évoquent par des gestes et des mouvements codifiés, chaque partie du mandala et chaque caractéristique de la divinité. Il s’agit en quelque sorte d’une tentative de matérialisation de la déité dans un espace physique par la danse. Ainsi à la différence des danses rituelles, le yoga ne cherche pas à matérialiser les divinités et ne se concentre que sur sa capacité de représentations mentales.

 

 

Après avoir médité sur l’absence d’existence réelle et sur l’apparence du mandala, le moine danseur se consacre à une série d’offrandes. Il entre ensuite dans une phase de concentration extrême afin de faire abstraction du monde des apparences avant de commencer à danser. Dans les tantras, chaque mouvement, chaque geste, chaque tenue, chaque pas de danses est détaillé avec tant de précisions que les monastères sont capables de reproduire depuis des siècles les mêmes danses sacrées. Les photographies de festivals tibétains ou encore ladhakis témoignent de cette constance à travers les siècles. Les tenues jouent par exemple un rôle crucial et chaque élément du costume est précieusement référencé dans les textes traditionnels. Une liste complète des éléments des tenues explique ainsi les composants autorisés tels que les métaux (or, argent, cuivre, bronze et fer), certains ossements humains, de cheval ou de bœuf, différents bois (santal, noyer, abricotier, pommier) ainsi que l’argile et le papier mâché pour les masques. Les couleurs de la tenue jouent un rôle essentiel pour reconnaître la divinité représentée. Ainsi, la déité Camsing sera interprétée par une robe rouge tandis qu’une robe jaune représentera Vaiçrana et qu’une robe bleue désignera Lhamo.

Au Ladakh, les festivals sont très populaires et rythme le calendrier. Au gré des saisons et des évènements personnels, les cérémonies s’enchaînent et permettent aux Ladakhis de se rassembler pour célébrer les récoltes, la fleuraison, Losar le nouvel an tibétain, mais aussi des mariages, des naissances. La dimension religieuse de ces éléments est essentielle et le calendrier Ladakhi compte plus d’une vingtaine de festivals par an, c’est l’occasion idéale de découvrir les traditions de cette région isolée.

Il existe deux périodes principales pour assister aux évènements majeurs : février et juin-juillet, autrement dit l’hiver et l’été pour des ambiances très différentes. Les festivals d’hiver les plus réputés sont ceux de Losar en décembre, celui de Stok, celui de Matho et les festivals de Leh et de Likir en février. Pour allier trek et festivals, préférez les températures plus douces du mois de juin avec les festivals de Lamayuru et Hémis.  

 

Conseil de lecture : Ladakh-Zanskar, avec 22 itinéraires de trekking dans l’Himalaya indien, de C. Genoud et P. Chabloz, Ed. Olizane, coll. Guide Olizane-Aventure, Genève, 2011.


Publié à 11:27, le 12-mar-2012, New Delhi
Mots clefs : LadakhCérémoniefestivaldansebouddhisme

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