Blog Shanti Travel - Voyage et récit sur l'Inde

Entre Indus et Shyok Phyang – Hunder – Sabu

Le temps est agréable, c’est sous un beau ciel bleu que nous chargeons les chevaux mais les sommets alentours gardent de blanches traces des fortes précipitations des jours passés. A peine entamé notre marche, déjà les dernières parcelles en terrasses de l’oasis de Phyang laissent place aux blocs granitiques. Un troupeau de chamois détale à notre approche et derrière nous le Stok Kangri domine fièrement du haut de ses 6.100 mètres. Nous traversons le torrent aux eaux translucides de Phyang Phu et quelques plaques de neige apparaissent. Le terrain se blanchit à mesure que nous avançons, nous installons le campement avant le camp de base pour permettre aux chevaux d’avoir un minimum de verdure à proximité. Cette première nuit est glaciale et la pleine lune accentue la blancheur des sommets alentours.

 

Au petit matin, l’équipement complet s’impose et nous nous réjouissons vite d’avoir guêtres aux pieds. La progressive remontée du torrent se fait dans la neige et quelques fleurs ensevelies parviennent à percer  le rideau négeux pour montrer leurs pétales à la lumière. Le torrent remonté, le rythme ralentit et les discussions se font rares car l’ascension du Lasermo La débute de manière assez raide. Les bavardages ont stoppé tant côté occidental que ladakhi, nous évoluons à présent avec comme seul accompagnement sonore, le rythme régulier des cloches des chevaux. Soudain un bruyant fracas métallique nous sort de nos pensées méditatives, un cheval perd sa cargaison et manque de basculer avec. Nous ne serons pas trop de quatre pour récupérer le tout et le replacer correctement sur cet étroit sentier neigeux. Les chevaux peinent à avancer dans la neige et leur respiration devient haletante avec la montée en altitude. Une fois au col, ces derniers profitent d’un moment de répit pour se coucher. Un large panorama s’ouvre à nous et nous découvrons aussi la descente qui nous attend : un flan de montagne tapissé d’une épaisse couche de neige fraiche. Une descente qui aurait ravie tout amateur de glisse mais qui charmait bien moins nos pauvres bêtes. Il nous faut environ 45 minutes de descente avant de voir apparaître quelques rochers, puis nous apercevons quelques plaques de terres et maigre végétation. Une pause bien méritée pour les chevaux pendant laquelle un lourd grondement résonne, une avalanche emporte un large couloir juste au dessus de nous. La vallée qui s’ouvre à nous alors dévoile ses charmes,  avec ses multiples fleurs pointant des plaques de neige, ses cours d’eau qui s’entrecroisent et ses prairies verdoyantes.

 

La vallée offre de multiples cours d’eau aux courbes désordonnées qui serpentent dans de  prairies verdoyantes jonchées de lourds blocs granitiques et dizaines de fleurs. De nombreux plans d’eau aux couleurs variant de l’ocre au bleu turquoise. Les chevaux sont ravis de retrouver sabot sur terre et ne manquent pas une occasion de brouter quelques brins d’herbes. Les marmottes s’enfuient lourdement à notre approche, les réserves de l’hiver se font apparentes. La descente alterne à présent vertes et vastes prairies marécageuses et désert minéral parsemé de blocs granitiques. La rivière Thanglaspo que nous longeons depuis la veille poursuit ses courbes folles. Un chorten se profile au cœur d’une large zone marécageuse, il annonce l’arrivée à Hunder Dok, groupement de petits hameaux. Dok ou Brok, différentes appellations selon le dialecte local, qui désignent les alpages estivaux où venaient les bergers de Hunder l’été avec leurs troupeaux, mais les hameaux de Hunder Dok sont à présent habités à l’année. Nous nous installons en terrasse face à Brok Goma (Brok le haut) et recevons la visite de charmantes jeunes femmes du village qui nous apportent du chang, une boisson d’orge fermenté.

 

Au petit matin nos villageoises reviennent papoter et rire de bon cœur au grand plaisir de notre équipe locale. A leur départ, c’est avec de larges sourires que quelques ‘demo’ (jolie) agrémentent leur conversation. Face à nous les activités du petit matin démarrent, l’un conduit son âne au pré, l’autre rapporte du fourrage à l’étable, les cheminées fument et dégagent une douce odeur de bouse brulée. Nous croisons un tout jeune écolier qui nous confie qu’ils ne sont que deux élèves à l’école de Brok. Sur le toit des maisons sèchent fourrage, abricots et nombreuses denrées qui constitueront les réserves alimentaires du long hiver approchant. Femmes, hommes et enfants sont aux champs pour terminer la moisson dans les dernières parcelles. Passé Brok Yogma (Brok le bas) et Wachen, notre sentier surplombe de profondes et somptueuses gorges aux eaux d’une incroyable pureté. Nous suivons ces gorges toute la journée et le sentier à flanc de falaises nous fait traverser de très intéressantes passerelles ou escaliers de pierres et bois. Au passage d’une petite oasis, nous surprenons un troupeau de Dzo (croisement entre le yak et la vache) en train de brouter paisiblement. Ces derniers perturbés par notre passage prennent tous la marche et nous suivent en file indienne. Une tour se profile à l’horizon, marquant l’arrivée à Hunder. Depuis le monastère se dévoile toute la large vallée de la Shyok et la verdure de l’oasis de Hunder au climat si doux. Norboo et les chevaux prennent de l’avance et camperons à Deskit. Un mariage a lieu à côté de notre campement et nous attisons de souriantes curiosités ponctuées de chaleureux ‘julley’. Nous faisons une étape de jeep pour rejoindre notre deuxième segment de trek et en profitons pour nous arrêter aux dunes de sables de Hunder pour observer les fameux chameaux de Bactriane, à deux bosses. Les chameliers proposent des balades à dos de chameaux, les touristes indiens raffolent de ce genre d’activité et se font fièrement photographier. Leurs grands sourires laissent deviner un tout aussi grand inconfort quant à cette haute et inhabituelle monture. Un autre arrêt permet de découvrir le splendide monastère de Deskit. Depuis le campement de Agyam nous observons un défilé incessant d’ouvriers indiens, d’origines bihari pour la plupart, qui viennent compenser la rudesse de leur travail et l’éloignement avec la famille par l’alcool local. Ainsi cette charmante maison traditionnelle est elle devenue un point de vente de chang et la famille entière participe à cette activité. De Agyam nous cheminons sur la route jusqu’à la charmante oasis de Lhabab de laquelle débute une courte ascension vers le plateau désertique menant au village de Diggar. Les premières terrasses de Diggar apparaissent très rapidement puis l’ensemble de la splendide vallée et ses cultures en terrasses à perte de vue s’ouvrent à nous. La moisson se termine et les villageois sont tous occupés aux champs à rassembler les bottes de pailles. Des ânes par dizaines broutent, jouent, se reposent ou nous regardent passer. Le village respire une charmante et sereine authenticité, nous cheminons dans les ruelles tortueuses entre maisons et mani korlo tandis que les habitants nous inondent de chaleureux ‘julley’ à notre passage. En s’éloignant des dernières parcelles, la vue s’ouvre sur l’ensemble de vallée et les lointains sommets enneigés. Une nouvelle ascension démarre alors et nous conduit très vite vers de nouveaux pâturages longés par des cours d’eau asséchés à cette période. Il nous faut marcher bien plus qu’espérer pour enfin trouver un point d’eau pour le campement. Notre chemin nous mène vers notre deuxième col, le Diggar La, nous remontons une jolie vallée entre vertes prairies et déserts vallons minéraux. Nous traversons le charmant camp de Chumik Yogma bordé par de jolies courbes d’eau encore gelées à notre passage. Des marmottes toujours aussi dodues nous regardent passer sans même se donner la peine de s’enfuir. Nous atteignons le campement de Chumik Tangmo (source d’eau froide) d’où apparaissent le Diggar La et notre ascension. A la vue de la neige qui nous attend, nous revêtons une nouvelle fois nos guêtres et déjà un vent glacial nous fouette le visage. Le Diggar La est atteint relativement rapidement et nous offre une incroyable vue sur la chaîne du Stok. La descente est particulièrement escarpée et caillouteuse avant de rejoindre de nouveaux pâturages. Quelques heures de descente nous mènent à l’oasis de Sabu d’où nous dominons la vallée de l’Indus, la circulation de Choklamsar, signes du retour à la civilisation.

Article et photo par Stéphanie.


Publié à 12:36, le 9-nov-2009, Inde
Mots clefs : Phyang Phurandonnée équestretrek à chevalinfos Ladakhtrekking Himalayarandonnée ladakhshanti traveltrekking Ladakhvoyage Ladakh

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