Blog Shanti Travel - Voyage et récit sur l'Inde

Chadar, la rivière gelée

Pendant prêt de huit mois la neige coupe les hautes vallées du Zanskar du reste du monde. Mais en janvier et février, la rivière Zanskar gèle, ouvrant l’unique voie de communication possible avec Leh, la capitale du Ladakh. Les eaux se figent, créant alors une avenue de glace au cœur des montagnes.

 

En zanskari, « Chaches » signifie « aller » et « Dar » signifie « eau gelée ». Les Zanskaris utilisent donc la rivière gelée, la "chadar", comme route d’accès vers les basses vallées.

 

De Padum, la capitale du Zanskar, jusqu'au point de rencontre entre la rivière Zanskar et l'Indus, s'écoulent 135 km.

 

rivière gelée, chadarDepuis des centaines d'années, les habitants utilisent cette langue de glace éphémère pour continuer à vendre leurs marchandises ou se rendre dans les différents monastères. Les plus jeunes l’empruntent pour se rendre à l'école. De véritables caravanes se forment alors. Chacun emporte nourriture et vêtements chauds afin de dormir dans des grottes.

Contrairement à l'été, où il faut passer par des cols élevés dont le plus bas se situe à 4400m environ, cette « route » plate améliore considérablement les déplacements mais la marche sur la glace reste un exercice périlleux.

Grâce à des chaussons aux semelles de feutre, les Zanskaris adoptent le pas glissé qui permet d'aller plus vite, de limiter les chutes et de mieux ressentir la solidité de la glace qui à certains endroits n'est épaisse que de quelques centimètres. Il faut parfois même grimper à flanc de  montagne afin de contourner les portions de rivières qui n'ont pas gelé.

On s'arrête avant la tombée du jour pour s'abriter dans les grottes, faisant du feu grâce au bois collecté la journée, ce qui permet de se réchauffer et de préparer le repas avant de s'endormir...

 

Il faut être vigilant : la nuit transforme la glace et la route peut changer d'un jour à l'autre.

 

Chaque année, quelques randonneurs intrépides se lancent dans l'aventure avec Shanti Travel, afin de suivre une de ces équipe du trekcaravanes. C'est ainsi qu’avec deux français, Jacquot et Élisabeth, et un allemand, Rolf, nous avons remonté le fleuve afin de rallier Padum depuis Chilling, en passant par Lingshet, le plus gros village du Zanskar.

 

Il faut être sacrément solide pour supporter des températures qui peuvent descendre jusqu'à - 30 °C. En dépit de cette contrainte, cette odyssée au cœur de l'hiver est une véritable aventure humaine et un voyage exceptionnel qui marque à jamais ceux qui l'ont fait.

 

Aventuriers, pensez-y : la route reliant Leh à Padum avance chaque année et ce périple hors du commun risque bien de disparaître d’ici quelques années…

 

Article et photos par Laurige, responsable du pôle Ladakh à Shanti Travel.


Publié à 02:12, le 24-avr-2009, Ladakh
Mots clefs : circuit au ladakhvoyage en Indevoyage au ladakhshanti travel

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Les médecins traditionnels Ladakhis : les Amchi

Le Ladakh est une des régions de Himalaya où le système de médecine tibétaine demeure intact depuis des millénaires. Il joue un rôle majeur dans la santé des communautés Ladakhi. Malheureusement cette profession est en déclin.


La médecine Amchi est issue de la médecine tibétaine qui est elle-même issue du bouddhisme puisque la légende raconte que c'est le Bouddha lui-même qui l'aurait élaborée puis enseignée, il y a de cela des milliers d'années. Médecine millénaire et holistique, elle est considérée comme une synthèse des systèmes médicaux traditionnels d'Asie : la médecine ayurvédique indienne, la médecine perse, la médecine chinoise, la tradition des chamans tibétains. Elle est principalement réputée pour la formulation de médicaments issus de la pharmacopée exceptionnelle des plateaux himalayens, mais elle accorde une grande place également à l'astrologie, la spiritualité, la diététique et l'hygiène de vie.


Aucune somme n'est prélevée pour le traitement, mais les Amchi sont aidés par les villageois qui rassemblent l'orge pendant la moisson et l'offrent à la famille de ces derniers. Le docteur Amchi tient une position élevée dans la société Ladakhi. Il est souvent non seulement le médecin mais également le chef de la communauté. Souvent il tient la position du Goba, la tête du village.


Il existe plus de 2500 espèces de plantes utilisées dans la préparation des médicaments. Elles sont récoltées principalement en automne et en hiver. Elles sont réduites en poudre, puis en pâte et finalement en pilules. Les maux principaux sont les problèmes respiratoires dus à l'altitude et aux fumées, et les maux d'estomac causés par une trop grande consommation de thé au beurre (un moine peut en boire jusqu'à 40 tasses par jour). La médecine tibétaine emploie différentes sortes de composants : des herbes, des écorces d'arbres, des résines, des minéraux : notamment des cristaux, pour leur action bénéfique sur les mauvais esprits.


Pour poser son diagnostique le médecin interroge son patient, prend son pouls et examine sa peau et ses déjections. En présence de toute la famille, l'Amchi peut poser un cristal au-dessus de la tête du malade pour éloigner les mauvais esprits.


Médecin du Ladakh : AmchiLes nouveaux Amchi doivent prouver leurs connaissances lors d'un examen oral devant tout le village, comprenant des Amchis aînés respectés des villages environnants. Dans chaque village, il y a habituellement une ou parfois deux familles d'Amchi. Le métier passe habituellement de père en fils ou en fille dans le village.


Actuellement, peu de Ladakhis souhaitent voir leur fils ou leur fille exercer cette profession qui, en outre, nécessite de longues études (7ans minimum). Aujourd'hui, des ONG aident les étudiants Amchi. Elles tentent d'améliorer le statut de la profession, concurrencée par la médecine moderne, principalement à Leh, les autres villages manquant de moyens.


Entre le développement trop lent de la médecine moderne, que le gouvernement indien veut promouvoir, et la disparition de la médecine traditionnelle, les Ladakhis risquent tout simplement de ne plus pouvoir se soigner. Le maintien des pratiques médicinales des Amchi est donc essentiel pour le patrimoine culturel de l'humanité, mais aussi vital pour ces sociétés : les techniques de médecine traditionnelle s'avèrent souvent mieux adaptées pour soigner les troubles de ces populations vivant dans les hauteurs de l'Himalaya.

Article écrit par Laurige, responsable du pôle Himalaya à Shanti Travel.


Publié à 06:17, le 1-avr-2009, Ladakh
Mots clefs : medecine au ladakhtrekking au Ladakhvoyage en Indevoyage LadakhplantesAyurvéda

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